État des lieux de la sous-traitance aéronautique en 2016

État des lieux de la sous-traitance aéronautique en 2016

13 juillet 2016
|
0 Commentaires
|

La forte cadence imposée par les deux gros avionneurs Airbus et Boeing, met la sous-traitance aéronautique en difficulté. Comment tenir le rythme en réduisant les coûts, dans ce contexte ?

Le contexte florissant de l’aéronautique…

Face à la belle embellie de l’aéronautique en 2016, Airbus a signé 1 036 commandes d’appareils, lui permettant d’atteindre le niveau record de 6787 avions à livrer. Mais comme « la bataille contre Boeing se gagne également sur la compétitivité industrielle », l’avionneur européen demande à ses sous-traitants de tirer leur prix au maximum.

Le poids de ces deux géants est tel que les plus petits avionneurs subissent aussi les dommages collatéraux de cette augmentation des cadences. A l’image d’ATR, qui n’a pas pu honorer ses objectifs de livraison l’année dernière, à cause du retard de quelques-uns de ses fournisseurs.

Patrick de Castelbajac, le président de l’avionneur franco-italien explique ces retards, avec beaucoup de compréhension : « Notre propre montée en cadence est déjà un challenge pour certains de nos fournisseurs », qui ne sont pas forcément dimensionnés pour cela. Sans compter que certains choisissent de donner la priorité à Airbus et Boeing.

Air_France_Boeing_777-300ER_(572891563)

 

… met les sous-traitants sous pression…

Du côté de la sous-traitance aéronautique, si le contexte florissant du secteur devrait les rassurer, la réalité est toute autre : 2016 s’annonce une longue et difficile année.

Le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas), à travers son vice-président Emmanuel Vieillard, explique : « Nous avons un léger creux, alors que nous sommes en phase d’industrialisation, nous sommes donc dans un contexte d’activité un peu moins florissant »

Autrement dit, s’assurer de la capacité des sous-traitants, à répondre à la montée de la production.

Or, « pour suivre la montée en cadence, nous allons aussi recruter, mais notre métier est tellement exigeant, qu’avec chaque nouvelle embauche on introduit des points de faiblesse », souligne Alain Kerebel, président de Sédémeca, un des rares spécialistes de l’usinage de très haute précision.
Aucun ne souhaitant revivre une affaire telle que celle de Zodiac-Airbus.

Bien accompagnées par le Plan Performances Industrielles, qui les regroupe en grappes d’entreprises, pilotées par un donneur d’ordre, les PME et équipementiers de l’aéronautique, améliorent leur situation et leur performance. Un processus qui requiert du temps, de l’argent et une forte implication des donneurs d’ordre.